Discographie


Biographie (version 1er avril 2004)

"Vous voulez savoir ? ... rien de captivant... la médiocrité... nos désastres sonores... des trucs... croyez-moi... inintéressant... profondément ennuyeux... vraiment pas de quoi la ramener... alors ?... ben, on va pas se gêner... vous balancer la purée dans la gueule... une bonne louche... rien à branler !

Remarquez, on ne voulait pas ça... nan... le résultat... raté... bien fait... tout à jeter... ce que nous sommes devenus... deux minables... c'est nous ! ... petits bourgeois ankylosés... c'est nous ! ... alors que ces rêves de prospérités artistiques... aspirer à autre chose... pas ça... une reconnaissance de masse... la suprématie... le plus grand nombre... l'universalité... une référence... à la première écoute... toucher le plus grand nombre... en valoir la peine... oh oui ! ... avec la plus grosse quéquette... oh oui ! ... et au lieu de ça... quoi ? ... vous... notre niche de marché... une poignée de parisiens de gauche à la vie sociale désastreuse, se réfugiant dans la musique... belle réussite... hi, hi, hi... repassez pour le glamour... aucune illusion... ce que l'on attire... dix pélots... à la louche (de purée)... bien large... Donna, groupe pour dépressifs sympas... génial ! ...clap, clap, clap... bien imagé... encore... on en redemande... la gloire est au bout... bordel ! ...ne pas mériter ça... vraiment ? ... ce qu'il faut retenir... qu'est ce que ça représente tout ça ? ...deux couillons ? ...d'accord... un groupe de pas beaux... d'accord... deux frustrés... des chansons médiocres... un parfait ratage... des envies à la con... d'accord... alors c'est quoi ? ...

Vous voulez savoir ? ... c'est dingue... se rencontrer au lycée par l'intermédiaire d'un ami commun... bien vu... à l'époque, je commence à prendre des cours de guitare avec pour seule ambition de pouvoir me vanter d'avoir une vie sexuelle riche et épanouie - des plaisirs simples -, influencé en cela par la vision de merdeux aux cheveux longs gratouillant mollement et constamment entourés d'une cohorte de demeurés tous acquis et offerts physiquement... une vraie bande de connards... Fred a quelques années d'études de piano derrière lui et joue maintenant du synthé à deux doigts sur un machin japonais dégobillant des sons ignobles.

Tout ce que je sais, c'est qu'on se retrouve un jour à répéter ensemble avec d'autres merdeux dans le but d'animer un double anniversaire dans une salle des fêtes communale... une douloureuse cacophonie... Nous prenons rapidement conscience d'une chose : nous partageons les mêmes névroses et les mêmes angoisses existentielles... important ça... des crétins... la peur de la mort entre autre... ça nous rapproche immédiatement... dès lors, on ne se quitte plus, passant des journées à peaufiner des compos inaudibles dénonçant la non-existence de dieu et l'horreur du néant sur un quatre pistes à cassette Yamaha... du Cioran pour ados... O toi, Dieu méprisant, où vas-tu donc acheter tes piments ? ...à quoi on ressemblait ? ...à rien... des branleurs dépressifs... des pervers adorant se vautrer dans la souffrance et pleurer notre propre disparition... se prendre pour des putains d'artistes... rassurant quelque part... mais complètement débile au bout du compte... dépasser sa condition de fils à papa évoluant dans un milieu hyper protégé... pitoyable... tout nous quoi... on ne changera pas...

Avançons donc... c'est par-là... nous créons une première entité morale pour célébrer notre union : LOFD... ingénieuse trouvaille : un assemblage judicieux de nos initiales... des crétins... pire, des crétins prétentieux... et là, c'est parti mon kiki... on ne nous arrête plus... Chronologiquement, ça ressemble à quoi ? ... dessinez une frise, ça peut aider... n'importe quoi... des conneries... je vous résume ça...

1994, profitant des autorisations d'accès de Fred - il suivait alors des cours d'électro-acoustique -, nous enregistrons notre premier L.P en toute illégalité au studio du Conservatoire de Chalon-sur-Saône... Chalon sur Saône... pour les profanes... trou du cul du monde... 60 000 habitants... économiquement soutenus par le groupe américain Kodak... implantation à rayonnement européen... pôle chimique... municipalité conservatrice... un parvenu de droite... ambitieux... apprécié de tous... initiateur avoué de la densification des poubelles publics sur la voirie... le programme : " Chalon, ville propre "... placardé un peu partout... pas plus con qu'autre chose... une vie culturelle inexistante... pourquoi faire ? ...des bouseux à l'accent prononcé... champêtre... qu'est ce qu'ils en avaient à foutre de trois tuyaux peints en jaune fluo par des PD parisiens... leurs sculptures contemporaines de dégénérés... parlez-leur de pêche à la mouche... ça oui... comment attraper le silure... la discipline de prédilection... pour le reste, des boites de nuit en périphérie... contiguës à des champs de maïs... des connards imbibés en sortant après s'être foutus sur la gueule avec d'autres connards... les plus ambitieux plantaient leur voiture customisée contre un arbre, traversaient violemment le pare brise et éclataient leur tête d'abrutis... performance justement saluée le lendemain par un encart dans le Courier de Saône et Loire... en milieu de journal... ceux là, on les enviait... des putains de célébrités... un aboutissement... la meilleure chose qui pouvait leur arriver... les autres, se réconfortant en glissant une main dans le slip d'une pisseuse encore mineure... finir par la mettre enceinte... au mieux, un avortement dans l'urgence... au pire, un morveux torturant des insectes au briquet... un pavillon standard dans un lotissement des environs... Buxy, Saint Pierre de Varennes, Chagny... bref un vrai bonheur... rien d'autre... studio du Conservatoire de Chalon-sur-Saône donc... classé alors comme faisant partie des cinq meilleurs studios d'étude de France... on croit rêver... tout ça pour un résultat évidement décevant... merdique oui !!! ...un concept album : Overnight, racontant la journée ordinaire d'un lycéen sur une journée... une vraie merde... passons...

1995, l'année où nos comptes de Caisse d'Epargne respectifs sont enfin entamés, nous valant une scène mémorable de nos parents... vraiment traumatisés pour le coup... nous nous équipons... achetant un huit pistes d'occasion à bandes -Tascam TSR8-, une table de mixage et un multi-effet... essentiel... et un deuxième album enregistré dans la foulée : Lofd... rien à en dire... nous ne l'écoutons jamais... un objet décoratif... une assiette murale en porcelaine de Gien... une plante en exposition... un ramasse poussière d'aucune utilité... rien à en tirer...

1996, nous intégrons un tiers : Fred L (un batteur)... il n'a peur de rien, lui... de ce fait, nous sommes obligés de changer notre nom de scène... ben voui... c'est logique tout ça... après des soirées passées, la tête dans le dictionnaire Anglais-Français Harrap's, à chercher confusément une dénomination ayant de la gueule, nous optons pour : Endlessly Kind... remplis de bonne volonté... les gentils, quoi... ridicule... on ne se rend compte de rien... influencés par Spain, nous sortons : Not anyone I really Know... sans doute ce qu'on a fait de mieux dans une certaine mesure, toute proportion gardée... affligeant évidemment...

1997, nous nous essayons à l'expérimentation, ce qui donne : A Second... fourre-tout démentiel... notre santé mentale est au plus bas... je fais court, mais c'est vraiment justifié...

1998, l'année où il fallait être Queer et montrer une certaine ambiguïté sexuelle pour être un tant soi peu considérés... cherchez pas... c'est un truc pour happy few... profitant alors d'un véritable revirement artistique - composer en français ! -, nous nous débaptisons et nous nous renommons Donna... Brian Molko, nous voilà ! ...à un moment donné, nous voulons aller encore plus loin... extrême... nous affubler d'un surnom féminin... Fred pense à Fiona... moi à Gloria... Fred L est consterné... nous n'avons pas les couilles de le faire... branleurs... petits bourgeois ankylosés... nous sortons : Passer le temps... album électro en français... un concept album de plus... un machin intello sur les choix limités s'offrant à nous pour combler nos plages de temps libre... hyper pédant...

1999, Fred L se casse et ne reprendra plus jamais contact avec nous... l'impression justifiée de n'avoir fait que de la merde nous taraude... nous nous jetons désespérément dans l'écriture et enregistrons à la va-vite, résultat : Donna... notre album de chansons réalistes... . perdu d'avance... à quoi bon s'obstiner ? ... tout le monde nous dit que c'est du Dominique A... jouer dans le même registre... on serre les dents et on les envoie chier... les cons... mais c'est vrai que c'est du Dominique A...

2000, totalement désespérés...on songe au suicide... c'est ça... mais trop lâches pour passer à l'acte...tant pis...je prévoie de partir en Irlande... une idée... je veux arrêter la musique en tout cas...nous programmons un projet final avant notre dissolution...nous partons en voiture, pour un mois, avec tout notre matériel à Ouzouer-sur-Loire... autre trou du cul du monde, là où se trouve la maison inhabitée de mon grand-père - vide depuis le décès de ma grand-mère-... Ouzouer sur Loire... petit village franchouillard typique... à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Dampierre en Burly... une vue imprenable sur les deux immenses cheminés grisâtres recrachant la vapeur d'eau... se dissoudre... des pastilles d'iode pour chaque habitation... une précaution... mes grands-parents s'y étaient installés... quittant à regret la banlieue parisienne... Aubervilliers... pour ce patelin tristounet aux pavillons laids... désespérément figés dans les années 60-70... se joignant aux autres retraités... en proportion, les plus nombreux... la conclusion d'une vie... pas mieux... à oublier au plus vite... ce quotidien meublé par les étapes du tour de France, les apéros dans le jardin et la pose de pièges à taupe... ces saloperies ravageant les pieds de carotte déjà à mal sur ce sol sablonneux... acheter le journal l'Equipe... bricoler un peu... passer un coup d'huile sur la tondeuse... préparer l'amorce pour la prochaine pêche... gober ces pilules par dizaine et n'en retirer aucun bien... la douleur était toujours là... l'usure... la maladie n'en était que le reflet... en parler ouvertement... mettre en commun... l'intimité... le sang dans les sels... tout ça... pas de retenue... ça va Madame... oh vous savez, comme ci comme ça... une vie des plus simples... sur place, nous nous lâchons... nous nous filmons à poil... de gros plans sur nos étrons... nous créons deux autres sous entités : les Echonômes et les Panthers red... notre génie nous dépasse... nous essayons des choses que l'on s'était toujours refusés avant... nous faisons dans le comique... du grand n'importe quoi... nous enregistrons quatre EP et nous groupons tout ça sous l'appellation : Ouzouer... nous quittons la maison de mon grand-père avec la ferme intention de ne plus jamais faire de musique... je me casse en Irlande...

2001, nous débordons de projets musicaux... Ouzouer nous a libérés... en quelque sorte... et on accumule les contradictions... pas à une connerie près... Fred vient en Irlande pour une semaine... nous nous promenons avec deux guitares acoustiques et un enregistreur mini-disc à travers la campagne verdoyante... nous enregistrons directement dans les magasins de musique... on se marre bien... la musique, c'est tout ce qu'il nous reste... pas grand chose... on se dit que nous avons assez de maturité pour enregistrer notre album sur la mort... enfin... projet qui nous turlupinait depuis longtemps... nous le faisons au mois de décembre en deux jours sur Paris... nous le donnons à Hinah... un obscur micro-label parisien tenu par un couple d'illuminés ne sachant pas quoi foutre de leur week-end... mon grand-père meurt dans la semaine qui suit...

2002, on se dit comme ça, qu'arriver à notre age, le confort, c'est quand même vachement appréciable... s'embourgeoiser... pour Ouzouer, on avait une maison avec jardin pour nous seuls... vous voyez le genre... le minimum escompté... s'habituer... poussant un peu, on se fait inviter par un de nos rares amis pour une semaine, dans le sud de la France... l'ami en question, un violoniste ayant déjà contribué sur Donna - 1999... on descend avec tout le bordel... sur place, bien que l'on soit au mois de mai, la tempête... les éléments déchaînés... des températures hivernales... les locaux n'ayant jamais vu ça de leur vie... et lorsque ça se calme enfin, on se tape une pollution maritime viciant les plages ainsi que l'air... une odeur infecte... ne pouvant même pas se baigner... ambiance... tant pis... on fait avec... alors, en hommage au village où nous résidons, on enregistre : Les musiques sacrées de Saint Aygulf... un album mystique tendance Ancien Testament... Dieu le père et tout le bataclan... gavé de violons... joli et harmonieux... la paix enfin retrouvée... je me comprends... laissez tomber...

2003, je vous ai parlé du confort ? et ben, c'est de mieux en mieux... nous partons à Samoëns -les Alpes- au mois de février, dans le chalet de la grand-mère de la copine de Fred... vous suivez ? ... Emilie, la copine de Fred, est intégrée (de force) au groupe pour l'occasion... et ce n'est que justice... elle le mérite, la friponne... nous savons être généreux quand il le faut ! ... malgré des chiottes en vrac, nous passons d'excellentes vacances à bouffer de la charcuterie... mmmmhhh, le saucisson de montagne... je ressemble à un gros tonneau... en passant, nous enregistrons un album sur le suicide, inspirés comme pas deux par celui (au fusil) du chef de renom : Bernard Loiseau."

- Olivier Larvor